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Pointes de consommation électrique... et pointes touristiques.
Alors que la France s’enlise sous la neige qui va faire la joie des skieurs et des enfants, les journaux nous annoncent déjà la prochaine « catastrophe » : la France pourrait connaître des coupures d’électricité cet hiver. Impensable dans notre pays habitué à considéré comme acquis ce qui ailleurs est un luxe : de l’électricité autant que je veux, quand je veux.
Des infrastructures en surcapacité
Comment en est-on arrivé là ? Depuis près de quarante ans, les gouvernements ont fait le choix du nucléaire comme principale source d’approvisionnement en électricité, et EDF a fait la promotion du tout électrique, notamment pour le chauffage. Un choix célébré aujourd’hui comme propre à réduire les émissions de CO2 de la France...
Les choses sont plus complexes. Le nucléaire n’est pas « flexible », on ne peut pas arrêter et relancer une centrale à volonté. Or la consommation d’électricité est très variable d’une heure, d’une journée et d’une saison à l’autre. Pour répondre à ces pointes, EDF exploite des centrales à énergies fossiles émettrices de gaz à effet de serre, dont certaines ne fonctionnent que quelques jours par an. Un véritable gâchis d’infrastructures, en permanence en surcapacité. Or les pointes de consommation ont augmenté encore plus vite que la consommation moyenne, et la capacité de ces centrales d’exception ne suit plus.
Inciter à mieux répartir les consommations
Deux « solutions » sont alors possibles : la fuite en avant, construire plus de centrales, nucléaires ou autres... dans une spirale infernale pour l’économie comme pour l’environnement. Ou revenir au bon sens : encourager les particuliers et les entreprises à réduire leur consommation, par exemple en isolant les bâtiments, et en particulier à mieux répartir leur consommation pour éviter notamment les pics de fin de journée. Des boîtiers intelligents peuvent permettre ainsi de récompenser financièrement les consommateurs qui coupent leurs appareils électriques en périodes de pointe.
Saisonnalité et surcapacité des infrastructures touristiques
Mieux répartir la consommation pour éviter d’avoir à créer toujours plus d’infrastructures sous-utilisées la plupart du temps... le parallèle avec le monde du tourisme est flagrant. La saisonnalité extrême, en matière de tourisme, crée de véritables aberrations économiques et environnementales. Elle est à l’opposé d’un tourisme durable. Hôtels bondés pendant deux mois et vides le reste de l’année, commerces qui ne fonctionnent que quelques semaines, routes, aéroports et parkings surdimensionnés... Comment en sortir ?
Pour un tourisme plus durable, une triple solution
Comme toujours, la solution est à la fois au niveau individuel, entrepreneurial et collectif.
Au niveau individuel, chacun de nous peut réfléchir à décaler ses vacances pour ne pas partir en même temps que la foule : idéal pour voyager au calme et bon marché. L’ambiance des lieux touristiques est d’ailleurs bien différente en basse saison : sans cohue, les sourires reviennent et le mot accueil reprend son sens.
Les entreprises touristiques ont tout à gagner en exploitant encore plus le créneau du « hors-saison », sur la base d’un tourisme de découverte. Un hôtel en station de ski qui n’a que de la neige à vendre, un resort à la plage qui ne vend que son soleil, sont condamnés à l’ultra-saisonnalité. Créer une offre de découverte des paysages, de la nature, de la culture, permet d’attirer des visiteurs toute l’année. Les collectivités des zones touristiques ont un énorme travail à faire pour structurer, encourager et promouvoir cette offre. Et pourquoi ne pas créer un « bonus-malus » écologique pour encourager l’étalement des vacances, en offrant des incentives aux entreprises qui permettent à leurs employés de partir en dehors du mois d’août ? Remettons l’imagination... et le bon sens au pouvoir.
Anne Gouyon
Légende et copyright des photos :
Centrale au charbon, © A. Zhiltsov
La montagne hors-saison © J.Laudic
Second sunset of yoga © A. Kalat









